2013 - Trait d'Union Européen Tarbes - Lisbonne

TRAIT D’UNION EUROPEEN TARBES- LISBONNE

du 13 au 31 MAI 2013

 

 

 

Pour cette édition 2013, départ de Tarbes. Nous sommes 20 à nous retrouver ce dimanche 12 Mai pour cette nouvelle aventure. Accueil très chaleureux de nos amis tarbais : Guy et Christian et de leurs compagnes .L’hospitalité pyrénéenne n’est pas un vain mot: un apéritif copieux arrosé au floc de Gascogne nous permet de goûter aux spécialités régionales. Notre appétit  est déjà bien émoussé, mais nous faisons honneur au repas gastronomique judicieusement choisi par nos amis.

Lundi matin, les bonnes habitudes sont vite retrouvées et c’est à 8h tapantes après la traditionnelle photo que nous enfourchons nos montures .Nous sommes 19 à pédaler, Roland notre fidèle chauffeur et assistant veillera sur nous d’un œil attentif tout au long du périple.

Les automobilistes tarbais n’apprécient que modérément ce groupe qui traverse leur ville.  Pour Christian et moi, des souvenirs nous submergent en passant devant la cathédrale de brique rouge : nos petits enfants y ont été baptisés…

La campagne est rapidement atteinte, déception les nuages nous masquent le sommet des montagnes. Frustration pour nos amis tarbais, ils espéraient nous faire découvrir leur belle région sous de meilleurs auspices. La fraîcheur nous accompagne, déjà  quelques bonnes montées (prémices de ce qui nous attend) dans une campagne verdoyante et première nuit en pays basque, une petite visite s’impose et découverte pour la première fois d’un fronton à pelote basque.

Pour gagner l’Espagne nous devions franchir le Port de Larrau, impossible, il est fermé par la neige, solution de repli, nous roulons vers St Jean ¨Pieds de Port.  Premier col franchi , les nuages nous masquent toujours les sommets mais nous apprécions les villages traversés, maisons basses,aux murs blancs et volets rouges, de nombreuses fromageries vantant le fameux Etorki. L’Espagne n’est pas loin, nous sommes partis pour 27 km d’ascension, c’est à peine si le passage de frontière est signalé ; tout au long  des panneaux indiquent le chemin de St Jacques de Compostelle. Le sommet du col de Roncevaux est enfin atteint sous des bourrasques de vent qui nous clouent au sol. Regroupement avant la descente vers la collégiale de Roncevaux et notre hôtel.

Le froid, le vent quelques gouttes et même la grêle vont nous accompagner pendant ces 8 étapes espagnoles ; chacun essaiera de se protéger au mieux, le vin chaud remplacera la bière fraîche !! Au cœur d’un village choisi pour abriter notre pique nique, une courte partie de foot  engagée avec les enfants nous réchauffe. Succession de cols, les montagnes enneigées apparaissent à l’horizon, landes,  champs de cultures notamment d’asperges ; les paysages se succèdent avant de gagner Burgos. La fraîcheur pour ne pas dire le froid nous poursuit, départ ce matin de Burgos 3°, il faut dire que l’altitude frôle les 900m.Une photo devant sa célèbre cathédrale  immortalise notre passage. A la sortie de cette ville, étape importante vers Compostelle, les pèlerins forment une véritable procession : cette ferveur m’interpelle et je m’interroge sur les raisons qui les animent : recherche spirituelle, quête de soi…

Les  étapes suivantes se font majoritairement sur un plateau balayé par le vent, paysage monotone, longues lignes droites, quelques cultures, les villages sont déserts, tristes, aucune végétation, aucune couleur, quelques nids de cigogne et de nombreux pigeonniers, ça et là dans la lande, un troupeau de mouton et son berger.

Dernière journée en Espagne et le soleil fait une timide apparition, le paysage change, de plus en plus vallonné, genêts, fleurs multicolores bordent les routes. Encore quelques kms, une belle descente et nous voici au Portugal. Nous franchissions le barrage sur Le Douro, frontière naturelle entre l’Espagne et le Portugal. Un brillant  soleil nous réchauffe enfin. Premier pique nique en terre portugaise, les visages sont radieux, le repas se termine en chanson avant d’attaquer une bonne montée de 6 à 8 km. Pour cette première étape portugaise, la plus longue, beaucoup de difficultés, véritables montagnes russes dans un paysage bucolique, coteaux plantés de vignes alternent avec les champs d’oliviers et d’orangers ; Le soleil nous réchauffe, mais que cette étape est dure. L’arrivée est un vrai coup de massue : en voyant le panneau :Guarda ,nous pensons être arrivés, mais non, toute la ville à traverser dans un dédale de pavés, le tout avec des travaux dans une circulation intense,  cerise sur le gâteau encore 4 km de montée pour gagner l’hôtel  avec une pente à 10%, la fatigue est là mais il faut rester vigilant. Le vélo enfin posé, nous sommes récompensés par une vue magnifique. Le lendemain ,une variante pour tes plus téméraires, le Pic de Torre , toit du Portugal, permet de bénéficier d’une vue imprenable sur tout le Portugal   Le soleil est notre allié pour les étapes suivantes, nous traversons une campagne accueillante, les routes sont pratiquement désertes, nous serpentons à travers vignes, champs d’oliviers, puis forêts de pins et d’eucalyptus  aux odeurs enivrantes, vue plongeante sur le Tage,  villages perchés sur les coteaux avoisinants, toujours des pavés ; quelques villages ont des rues si pentues que nous sommes obligés de les descendre à côté du vélo, mais que ces villages sont beaux, maisons blanches dont les portes et fenêtres sont bordés de couleurs vives :bleu, jaune,orange, vert se côtoient. Retrouvailles étonnantes, lors d’un regroupement dans un village, un homme accourt, il a reconnu nos maillots, lui-même a appartenu à l’ASPTT Nancy et connaît Jean Marie l’un d’entre nous, retraité, marié à une portugaise, il  vit plusieurs mois ici. Grâce à lui nous apprenons beaucoup de détails sur la vie au Portugal et les difficultés que rencontre ce peuple dans la crise actuelle. Nous croisons de nombreux portugais qui ont vécu en France, toujours prêts à échanger quelques paroles ; une femme nous invite même à déguster un verre de porto .Une courte visite à Evora s’impose (son centre historique est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco) avant de gagner Cuba, ville natale de Christophe Colomb. Profitons de la chaleur car les jours suivants à l’approche du Cap St Vincent,  le point extrême sud ouest de l’Europe, la fraîcheur et un vent violent rendent notre progression plus difficile, mais quel bonheur en apercevant les falaises déchiquetées et le phare qui le domine. Difficile de réaliser où nous sommes.

Encore 2 jours pour gagner Lisbonne, nous longeons la côte, nombreuses rizières,  étape dans une petite station balnéaire. Cap sur Lisbonne, la circulation et un vent  ne nous facilitent pas la tâche, le temps est compté, nous devons emprunter 2 bacs et sommes attendus à l’ambassade. A 18h nous en franchissons la porte, réception très appréciée, l’ambassadeur nous entretient longuement sur son rôle, la vie au Portugal et nous fait l’honneur de la visite de sa somptueuse demeure. Restons vigilants pour les derniers km à travers rues escarpées  et pavées, rails de tram pour gagner l’hôtel. Vélos posés, nous savourons notre plaisir. A nos compteurs, 1914 km et 19454m de dénivelé.

Juste une journée pour visiter Lisbonne, nous optons pour un bus touristique à impériale afin d’en voir le principal et bien sur nous ne voulons pas quitter cette ville sans goûter  au plat traditionnel le’’baccalao’’(la morue, il existerait plus de 25 façons de la préparer).

Retour en France via Toulouse et train pour Tarbes, la tête pleine de souvenirs, nous avons côtoyé un peuple très accueillant  qui souffre de la crise mais qui sait garder sa dignité.

Encore une fois, un grand merci à Patrice grâce à qui nous partageons des moments inoubliables.

Michèle & Christian

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